À LA RENCONTRE DE MUJINGA - ARTICLE MALKIA BEAUTE

Intrigante par le nom, inspirante par le travail de qualité fourni, Mujinga est la marque d’une jeune créatrice congolaise belge, bercée depuis l’enfance par l’univers ingénieux qu’est la mode.

Rencontre avec la créatrice à l’histoire poignante…

Aline| Qui est le visage derrière Mujinga ?

Nina| Nina Mujinga, 27 ans, congolaise, jeune entrepreneuse, community manager et créatrice de contenus pour la plateforme de cosmétiques Mizuri.

Aline| Quelles sont tes origines et d’où viens-tu ?

Nina| Originaire de la République Démocratique du Congo, je suis née et j’ai grandi en Belgique, dans la ville de Liège.

Issue d’une famille nombreuse dont je suis la cadette, la Belgique a été notre pays d’accueil. Mon handicap au bras droit a été l’une des premières raisons pour laquelle nous nous sommes installés en Belgique.

Concernant mes études et mon parcours professionnel, j’ai étudié le marketing et le E-commerce. C’est d’ailleurs durant mes études en E-commerce que j’ai eu l’opportunité de développer Mujinga.

Aline| Que signifie Mujinga ?

Nina| Mujinga signifie « la préférée », c’est un nom féminin originaire de Kasaï, une province en RDC. Mujinga est le nom de ma grand-mère paternelle. Dans la culture muluba, dont je suis issue, on donne généralement aux enfants un nom suivant les circonstances ou un événement important pour la famille ou alors pour rendre hommage à un ancêtre.

Aline| Comment t’es venu l’idée de lancer ta propre marque de vêtements ?

Nina| L’idée de lancer ma marque de vêtements a toujours été dans ma tête depuis le collège. Au départ je voulais être styliste seulement j’assimilais cette idée à devoir porter des looks extravagants ce qui n’était pas forcément moi. De plus, du fait de mon handicap au bras droit qui présentait des cicatrices j’avais peur du regard des autres.

Cependant, j’ai toujours eu un lien très fort avec les vêtements parce que ma mère est couturière de formation, certaines tantes à moi le sont également, même mon arrière-grand-père était couturier… Finalement c’est de famille.

Entre temps, n’étant pas douée avec la machine à coudre, j’ai voulu trouver une alternative pour y remédier. En 2011, je suis tombée sur ce documentaire à la télévision « The t-shirt stories », à ce moment précis, j’ai su que je voulais vendre des t-shirts. C’est une pièce tellement confortable avec une histoire touchante qui est aujourd’hui intemporelle. J’ai donc pris le temps avant de mettre en place ce projet afin de vivre pleinement ma vie d’étudiante.

Aline| En quoi est-ce important que Mujinga soit présenté comme une marque afro descendante ?

Nina| C’est important car je me définis moi-même comme étant une personne afro descendante. Je suis africaine avant tout et je souhaite que ma marque soit le reflet de ma personne. À travers mes t-shirts j’aimerai que les afro descendants comme moi puissent s’identifier. Mujinga est une marque de vêtements qui s’adressent avant tout à eux, des personnes qui comme moi, on grandit en occident et pour qui un retour à leur racine est très important.

Aline| Le statut d’entrepreneur étant déjà le parcours du combattant, qu’en est-il de celui d’afro entrepreneur ?

Nina| Pour moi, la recherche de fournisseurs a été le plus difficile. J’ai plusieurs fois été découragé car à l’instant ou je pensais avoir trouver le bon je faisais face à un manque de professionnalisme ou à des personnes pas très motivées.

La communauté afro est une belle communauté cependant elle devrait davantage soutenir nos business en y mettant le prix. La plupart ne se rendent pas compte du travail en back office et très souvent je fais face à des clients qui me demandent de mettre de côté un article ce qui est tout simplement impossible pour moi car non seulement je débute mais je n’ai pas qu’un seul client. Malgré ces quelques inconvénients, je constate tout de même une prendre conscience de l’importance de soutenir les petites entreprises chez notre communauté.

Pour terminer, être afro entrepreneur ou entrepreneur, c’est toujours trouver des solutions à des problèmes auxquels on ne s’attendait pas. C’est comme ça qu’on apprend et je pense qu’il n’y a pas mieux pour développer ses compétences. L’entrepreneuriat, c’est littéralement l’école de la vie.

Aline| Quels sont tes objectifs à long terme pour Mujinga ?

Nina| Je souhaiterai commercialiser des nouveaux produits comme des sweatshirts, des totebags, des casquettes, des bonnets et autres. Le but est de m’élargir et d’offrir une large gamme de produits aux membres de la diaspora. L’année prochaine, j’envisage le lancement du site internet et je souhaite aussi collaborer avec d’autres créateurs dans le but de créer des collections capsules.

Aline| Où te vois-tu dans 5 ans ?

Nina| J’aimerais d’ici 5 ans ouvrir la première boutique physique à Kinshasa, m’installer au Congo et être propriétaire de quelques terrains.

Aline| En tant que jeune entrepreneure, quels sont les conseils que tu peux donner à une personne qui souhaite lancer sa marque de vêtement ?

Nina| Je dirais qu’il faut surtout s’armer de patience car rien n’arrive seul. Patience et persévérance sont les mots d’ordre. Prendre du temps pour soi en profitant des petites choses de la vie comme un resto entre amis par exemple. Se ressourcer est également très important. Dans mon cas, la prière va m’aider à surmonter les moments difficiles tout en me rappelant pourquoi j’ai commencé. A côté, je lis également des livres sur le développement personnel ou le « mind management ». Actuellement, je lis : The Chimp Paradox de Dr Steve Peters.

Aline| Enfin, où peut-on se procurer un T-shirt ?

Nina| Actuellement, je suis disponible sur le marketplace nfamstore ou par commande via Instagram et Facebook.

Je livre en Belgique, en France, en Allemagne, Autriche, Royaume-Uni, Espagne, Portugal, Italie et Pays-Bas.

Le marketplace livre également en Belgique, en France, en Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Congo, au Togo et au Gabon. Et j’ai récemment fait une vente à Montréal avec ma boutique sur Afrikrea.

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