L'histoire de la créatrice

L’histoire de Nina

Tout à commencer dans les années 90’, lorsque ma mère est venue en Belgique pour me donner la vie ayant comme projet de rentrer en RDC dans les mois qui suivent. Cependant, cela ne s’est pas passé comme prévu, vois-tu lors de l’accouchement, j’étais un très gros bébé (oui, 4kg500 c’est énorme !) et le médecin au lieu de pratiquer une césarienne, il a eu la bonne idée de me tirer un peu beaucoup trop fort pour m’extirper de l’utérus de ma chère maman… résultat des courses, j’ai tout le bras droit cassé. (Beaucoup pense que c’est une malformation mais je suis ici pour établir la vérité sur mon handicap.)

Cet accident a fait que mes parents ont dû prendre une décision majeure pour ma santé et ma famille en générale. Ma mère devait rester en Belgique pour mes soins de santé et mon éducation. On a fait venir ma grande sœur, mon frère étant tout petit, était déjà avec ma mère et moi. Je ne sais pas si tu te rends compte du sacrifice que mes parents ont réalisé pour mes frères et moi. Ils se sont dit qu’en grandissant ici, nous aurions plus de chance dans nos vies professionnelles et surtout, la chance que j’aie d’être soignée en Belgique.

Mon lien avec mon pays

En lisant ce passage qui t’explique comment je suis arrivée au monde et pourquoi j’ai grandi en Belgique. Pendant toute ma vie, on m’a fait croire que c’est une opportunité en or de grandir en Europe. Oui, je peux dire que c’est une chance de vie de vivre ici et je ne devrais pas m’en plaindre. J’ai eu une belle enfance, j'ai voyagé et j'ai eu une éducation scolaire.

Mais qu’en est-il de ma relation avec la RDC ? Parce que oui, j’ai grandi ici et comme ma mère aime le dire je ne connais pas le Congo ! Pourquoi ? Parce qu’on a jugé que je n’étais pas en mesure de le savoir. Á la maison, je parle français avec mes parents et les autres membres de ma famille. Le lingala et le tshiluba c’étaient uniquement pour les adultes. J’ai le souvenir de parler au téléphone avec mes grands-mères avec ma mère à côté comme traductrice français/tshiluba. La 1ère fois que je suis allée au Congo, c’était en 2005, j’avais 12 ans. Au début c’était le choc culturel, mon père faisait tout pour que mon frère et moi ne soyons pas trop dépaysés de la Belgique. (car lui et moi sommes nés en Belgique, tandis que notre sœur qui est bien plus âgée que nous est née et a grandi au Congo, on peut voir que notre éducation est différente par moment).

Mon retour en Belgique, je garde de bons souvenirs du séjour avec ma famille. Durant mon adolescence, j’oublie assez vite le Congo, je m’intéresse peu et je me contente d’apprendre du pays d’après ce que je pouvais voir à la télévision et à l’école sans vraiment chercher à faire mes recherches de mon côté. Entre temps, j’étais plus préoccupée à me rendre mes séances de rééducation (oui, j’ai passé 20 ans de ma vie à me rendre chez le kiné) et mes études. Ma relation avec mon pays m’importait peu à ce moment-là, tout ce que je savais c’était le peu j’avais appris à la TV et à l’école. Á côté, je commençais à comprendre le lingala et un peu de tshiluba (à force d’écouter les adultes parler lol). Je me souviens que c’était beaucoup de conflits avec ma mère car nous nous comprenions à cause de ce faussé culturelle. Faut se rappeler qu’elle est venue en Belgique pour me mettre au monde avec l’objectif de rentrer chez elle et de vivre ce qu’elle a toujours connu. Elle s’est intégrée oui, mais elle n’a pas été étudié en Belgique, ayant toujours travaillé à son compte, elle ne sait pas trop ce que c’est de travailler dans un milieu professionnel. Du coup, cela crée un énorme faussée culturelle et au final, c’est à nous les enfants de s’adapter à nos parents africains et pas le contraire hahaha, je sais que tu sais de quoi je parle !

Tu comprends vite que je n’ai pas beaucoup d’attache avec le Congo durant mon enfance et mon adolescence. Aujourd’hui, je dis que j’ai grandi dans un pays qui n’est pas le mien suite à un accident et on m’a privé d’une certaine manière de vivre avec les miens. Contrairement à certains cousins, je n’ai pas eu la chance de connaitre mes grands-parents dont je n’entends que du bien d’eux. J’ai grandi dans un pays où on m’a souvent collé une étiquette d’africaine, sans vraiment savoir que je n’en suis pas vraiment une au sein de ma propre famille. Encore une fois, je sais que tu sais de quoi je parle ! (D’ailleurs, c’est un sujet de bagarre à celui qui veut faire la moindre insinuation sur mon identité.)

Mon choix d’études

Ma mère est modéliste/couturière de formation, je l’ai toujours vu travailler de manière indépendante à la maison. Pour info, elle vient d’une famille où son grand-père maternelle était lui-même tailleur. Depuis ma plus tendre enfance, j’ai toujours vu venir des tantines et des jeunes filles, à la maison pour des essayages et des retouches de leur ensemble réalisé par les doigts de fée de ma mère. J’ai toujours été sensible au tissu et à la mise en beauté des clientes. Ce qui me fascine le plus dans la mode en général, c’est la créativité de pouvoir mélanger des matières ensemble afin de créer une tenue. Á côté, mon père est ingénieur en génie civil, il est très sérieux et minutieux dans son travail. Le détail et la précision sont très important pour lui, il est intransigeant et ne laisse rien passer. Mon côté, je tiens ça de lui, si ce n’est pas fait d’une certaine manière ou qu’il y en a un manque de volonté, je préfère ne plus continuer de travailler ou bien je suis décourager tout simplement.

J’ai très vite compris que je n’allais pas suivre les pas de ma mère mais au fond, j’ai toujours su que je voulais travailler dans ce domaine, sans réellement savoir ce que je peux vraiment faire. N’oublie pas, j’ai un handicap et ce que le handicap m’a appris durant ma vie c’est d’être indépendante le plus souvent possible. Au départ, je voulais être styliste mais j’ai très vite déchanté quand j’ai vu la rigueur qu’il fallait y avoir. Á l’époque je n’étais pas tout à fait prête à ce genre de rigueur. En 2011, à l’âge de 18 ans, je me suis dirigée vers des études en marketing, cela a été une révélation pour moi ! Le marketing m’a permis d’être créative tout en ayant ce sens du détails et de recherche mais pas autant que dans la mode (personnellement).

Pourquoi créer une marque de vêtements ?

Au fond, je me suis toujours vu avoir mon entreprise sans réellement dans quel domaine exactement. Ensuite, je me suis rappelé que j’aime la mode, j’aime le marketing et je suis sérieuse dans ce que je fais (quand la procrastination décide de me laisser tranquille). Je me souviens aussi, l’année où j’ai commencé mes études en marketing je suis tombée sur un documentaire mode et social qui abordait l’histoire du t-shirt et son évolution au fil des années. Cela a été une révélation, car c’est là que j’ai compris ce que je voulais vraiment faire, c’est-à-dire, lancer une marque de t-shirts. Ainsi, j’allie ce que j’aime la mode et le marketing.

Mwanafrika est une marque de t-shirts et de sweat-shirts pour la diaspora

Maintenant que tu connais une bonne partie de mon histoire, tu comprends que grâce à ce projet, je réalise un rêve de jeunesse. Avec Mwanafrika, je veux qu’on revienne à l’authenticité de notre identité. Si comme moi, tu es né(e) ou a grandi une grande partie de ta vie en Europe ou ailleurs. Notre marque est faite pour toi ! Chez Mwanafrika, on met en avant notre identité, notre culture et notre histoire. Notre slogan est « TU ES CE QUE TU PORTES » car nous partons du concept de l'authenticité où ici, nous revenons aux sources, à notre histoire. Chez MWANAFRIKA, nous sommes fiers de notre identité, de notre culture et de tout ce qui nous a été transmis par nos ainés.

Chaque typographie, chaque photo, chaque illustration, chaque expression raconte une histoire de notre culture africaine ou fait référence à notre vécu en tant qu’afro descendant en Occident. Notre objectif est de faire le tour de l’Afrique subsaharienne et de partager des entreprises et des activités black owned.